Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

samedi 10 janvier 2026

"Le Poète" par Ivan Frias

Commençons l'année avec un texte à la croisée de la philosophie et de la poésie, extrait du livre d'Ivan Frias Agudas & Crônicas, paru à Rio de Janeiro en 2022. Ivan Frias est médecin et philosophe. Il est un familier de ce blog.


O poeta


No lugar do simbólico entrou você.
No mais puro lugar, onde poucos entraram.
Não permiti que fosse maculado.
Guardei-o comigo, qual jóia rara.
Tranquei-o com pesado ferrolho.
Uma espécie de prisão; como as celas dos monges.
Lugares impenetráveis, reservados ao recolhimento.
Último reduto da pureza do mundo.
Sou platônico, permito-me a comparação.
Há um lugar para os belos pensamentos.
Pensamentos que pertencem à humanidade.
Que passam pelas gerações como lugar do sublime.
Amantes se encontram neste lugar em momentos únicos.
Nele, e em nenhum outro, fazem seu culto ao Amor.
Lugar simbólico, não concreto.
O concreto está nas ações dos homens.
Não em seu pensamento, nem em seu sentimento –
expressões da filosofia e da arte.
Podemos exprimi-lo por palavras e atos, pequenos gestos, frases inacabadas.
Em certos momentos da vida abrimos os ferrolhos do recolhimento.
Saímos para o mundo.
Comunicamos a existência deste lugar encantado.
E convidamos alguém para conhecê-lo.
Altar do amor não corrompido, cultuado pelos crentes no romance –
forma literária deste lugar.
Crentes na deusa Literatura.
Nesse lugar não cristão de penitência revelamos o vivido em poemas e prosas; sem tergiversações.
A Literatura como lugar da expressão do Eu – do sublime que há no homem.
P O E T A – com estas cinco letras designamos aquele que exerce seu sacerdócio nesse lugar. 


Le poète


Dans la place du symbolique, tu es entré.

Dans ce lieu le plus pur, où peu ont pénétré.

Je n'ai pas permis qu'il soit souillé.

Je l'ai gardé avec moi, comme un joyau rare.

Je l'ai enfermé derrière un lourd verrou.

Une sorte de prison, comme les cellules des moines.

Des lieux impénétrables, réservés au recueillement.

Derniers bastions de la pureté du monde.

Je suis platonicien, je me permets la comparaison.

Il existe une place pour les belles pensées.

Des pensées qui appartiennent à l'humanité.

Qui traversent les générations comme un endroit sublime.

Les amants s'y retrouvent à des moments uniques.

C'est là, et nulle part ailleurs, qu'ils vénèrent l'Amour.

Un lieu symbolique, non concret.

Le concret réside dans les actions des hommes.

Pas dans leurs pensées, ni dans leurs sentiments –

expressions de la philosophie et de l'art.

Nous pouvons l'exprimer par des mots et des actes, de petits gestes, des phrases inachevées.

À certains moments de la vie, nous ouvrons les portes du recueillement.

Nous sortons dans le monde.

Nous annonçons l'existence de ce lieu enchanté.

Et nous invitons quelqu'un à le découvrir.

Autel de l'amour non corrompu, vénéré par les croyants en la romance –

sa forme littéraire.

Croyants en la déesse Littérature.

Dans cet endroit non chrétien de pénitence, nous révélons ce que nous avons vécu dans des poèmes et des proses, sans tergiversations.

La Littérature comme lieu d'expression du Moi – du sublime qui réside en l'homme.

P O É T E – ces cinq lettres désignent celui qui y exerce son sacerdoce.


Ivan Frias

(Traduction de Jean-Luc Pouliquen)



Complément :

-Ivan Frias sur Wikipédia.