Voici une archive radiophonique qui peut induire en erreur son auditeur. En effet, ce n'est pas la voix de René Guy Cadou que l'on entend. Lorsque Pierre Béarn, l'animateur de l'émission, le sollicite, il est déjà très malade et vit loin de Paris. Les questions ont été posées à l'avance et René Guy Cadou y a répondu par écrit. L'émission sera diffusée fin octobre 1950. Le poète ne pourra pas l'entendre faute d'antenne-relais couvrant le village de Louisfert en Loire-Atlantique où il habite. Il devait mourir le 20 mars de l'année suivante à l'âge de 31 ans. Entre Pierre Béarn et lui, il y a la complicité de l'École de Rochefort à laquelle tous les deux ont appartenu. L'amitié y était tout aussi importante que la poésie. Pierre Béarn créera le Mandat des poètes en 1950 pour venir en aide à René Guy. J'ai rencontré Pierre Béarn à Rochefort-sur-Loire en 1991 lors des célébrations du cinquantenaire de l'École de Rochefort. La fidélité et l'amitié étaient toujours à l'œuvre. Il avait alors 89 ans et était auréolé d'avoir inventé en 1968, l'expression "métro-boulot-dodo". Pierre Béarn nous a quittés à 102 ans, le 27 octobre 2004.
samedi 20 juin 2026
Douze minutes avec René Guy Cadou
samedi 16 mai 2026
Un poème de Linda Simone
Après Guy Allix, voici venu le tour de Linda Simone de nous proposer un de ses poèmes. Elle confirme ainsi l'ouverture de ce blog aux écritures contemporaines venues de l'étranger, ici des États-Unis d'Amérique, dont Ann Cefola nous avait déjà donné un aperçu.
| Linda Simone |
En plus de ses poèmes publiés dans des revues et des anthologies, les livres de Linda Simone comprennent The River Will Save Us (Kelsay Books) ainsi que deux chapbooks, Archeology et Cow Tippers. Depuis son installation à San Antonio après avoir quitté New York, son travail a été sélectionné pour le tricentenaire de la ville ainsi que pour le projet emblématique du poète lauréat de San Antonio. En 2026, elle a été sollicitée par le McNay Art Museum pour écrire un poème ekphrastique à l’occasion du Mois national de la poésie.
Ode to a Calligraphy Brush
Long body, round and smooth in my hand,
a passport stamped
with your birthplace:
Yatsutomo.
Graying horsehair bristles
electrify, then tame
to a point when dipped
in pool of starless ink.
With simple motion
you transform: a wand
to cast antique spells, stark
against white cotton rag, hand-pressed.
I, hard-pressed to stop words
fluid as water—
in a tongue not my own.
Ode à un pinceau de calligraphie
Corps oblong, rond et soyeux dans ma main,
un passeport tamponné
avec ton lieu de naissance :
Yatsutomo
Tes crins de cheval grisonnants
s'électrisent, puis s'apprivoisent
jusqu'à former une pointe lorsqu'ils sont trempés
dans la flaque d'une encre sans éclats.
D'un simple mouvement,
tu te transformes en baguette magique
pour jeter des sorts anciens et sombres
sur du papier de coton blanc, pressé à la main.
Et j'ai du mal à retenir des mots
aussi fluides que l'eau,
d'une langue qui n'est pas la mienne.
Linda Simone
(Traduction de Jean-Luc Pouliquen)
vendredi 17 avril 2026
Les "Forces alliés" de Christian Bulting
En septembre dernier, ce blog présentait un poème de Christian Bulting accompagné d'une notice biobibliographique qui permettait de prendre connaissance de l'étendue de son œuvre, autant en vers qu'en prose. C'est de son dernier livre de poésie intitulé Les forces alliées dont il s'agit aujourd'hui. Sa couverture est magnifiquement illustrée par Ghislaine Lejard dont ce blog a également déjà présenté les collages. En affinités profondes avec ses créations, dans lesquelles Christian Bulting voit une parenté avec le pop art, il consacre même un poème de son recueil à l'artiste.


