Le 25 janvier dernier, Marie Rouanet nous quittait. Elle allait ainsi rejoindre son mari Yves Rouquette, disparu un mois de janvier également, en 2015. C'est par lui que je fis sa connaissance lors d'un bref séjour chez eux dans leur appartement de Béziers en 1989. Le moment était important pour Marie car elle attendait une réponse de grands éditeurs concernant un manuscrit dans lequel elle mettait beaucoup d'espoir. Il fut question des éditions Plon, de Jean Malaurie et de sa prestigieuse collection "Terre humaine". Ce sont finalement les éditions Payot qui publieront en janvier 1990 le manuscrit sous le titre devenu célèbre Nous les filles. Marie, qui était jusqu'alors connue essentiellement dans la sphère occitane, élargira ainsi son audience, sera invitée sur les plateaux des chaînes de télévisions nationales ainsi qu'à des manifestations culturelles de dimension internationale. Je pense par exemple au festival "Étonnants Voyageurs" de Saint-Malo. Elle n'en gardera pas moins son ancrage en Occitanie, où elle comptera désormais parmi les personnalités de la vie littéraire et culturelle. Elle fera par exemple partie du jury du prix Antigone de Montpellier. Prix qui sera attribué en 1992 à Serge Bec pour son recueil Saison de guerre que j'avais édité aux Cahiers de Garlaban. C'est à Lodève et Sète par la suite que je la retrouverai régulièrement de 1998 à 2014 lors des festivals de poésie "Voix de la Méditerranée" et "Voix Vives".
lundi 9 février 2026
Marie Rouanet & Yves Rouquette
samedi 10 janvier 2026
"Le Poète" par Ivan Frias
Commençons l'année avec un texte à la croisée de la philosophie et de la poésie, extrait du livre d'Ivan Frias Agudas & Crônicas, paru à Rio de Janeiro en 2022. Ivan Frias est médecin et philosophe. Il est un familier de ce blog.
O
poeta
No
lugar do simbólico entrou você.
No
mais puro lugar, onde poucos entraram.
Não
permiti que fosse maculado.
Guardei-o
comigo, qual jóia rara.
Tranquei-o
com pesado ferrolho.
Uma
espécie de prisão; como as celas dos monges.
Lugares
impenetráveis, reservados ao recolhimento.
Último
reduto da pureza do mundo.
Sou
platônico, permito-me a comparação.
Há
um lugar para os belos pensamentos.
Pensamentos
que pertencem à humanidade.
Que
passam pelas gerações como lugar do sublime.
Amantes
se encontram neste lugar em momentos únicos.
Nele,
e em nenhum outro, fazem seu culto ao Amor.
Lugar
simbólico, não concreto.
O
concreto está nas ações dos homens.
Não
em seu pensamento, nem em seu sentimento –
expressões
da filosofia e da arte.
Podemos
exprimi-lo por palavras e atos, pequenos gestos, frases
inacabadas.
Em
certos momentos da vida abrimos os ferrolhos do recolhimento.
Saímos
para o mundo.
Comunicamos
a existência deste lugar encantado.
E
convidamos alguém para conhecê-lo.
Altar
do amor não corrompido, cultuado pelos crentes no romance –
forma
literária deste lugar.
Crentes
na deusa Literatura.
Nesse
lugar não cristão de penitência revelamos o vivido em poemas e
prosas; sem tergiversações.
A
Literatura como lugar da expressão do Eu – do sublime que há no
homem.
P
O E T A – com estas cinco letras designamos aquele que exerce seu
sacerdócio nesse lugar.
Le poète
Dans la place du symbolique, tu es entré.
Dans ce lieu le plus pur, où peu ont pénétré.
Je n'ai pas permis qu'il soit souillé.
Je l'ai gardé avec moi, comme un joyau rare.
Je l'ai enfermé derrière un lourd verrou.
Une sorte de prison, comme les cellules des moines.
Des lieux impénétrables, réservés au recueillement.
Derniers bastions de la pureté du monde.
Je suis platonicien, je me permets la comparaison.
Il existe une place pour les belles pensées.
Des pensées qui appartiennent à l'humanité.
Qui traversent les générations comme un endroit sublime.
Les amants s'y retrouvent à des moments uniques.
C'est là, et nulle part ailleurs, qu'ils vénèrent l'Amour.
Un lieu symbolique, non concret.
Le concret réside dans les actions des hommes.
Pas dans leurs pensées, ni dans leurs sentiments –
expressions de la philosophie et de l'art.
Nous pouvons l'exprimer par des mots et des actes, de petits gestes, des phrases inachevées.
À certains moments de la vie, nous ouvrons les portes du recueillement.
Nous sortons dans le monde.
Nous annonçons l'existence de ce lieu enchanté.
Et nous invitons quelqu'un à le découvrir.
Autel de l'amour non corrompu, vénéré par les croyants en la romance –
sa forme littéraire.
Croyants en la déesse Littérature.
Dans cet endroit non chrétien de pénitence, nous révélons ce que nous avons vécu dans des poèmes et des proses, sans tergiversations.
La Littérature comme lieu d'expression du Moi – du sublime qui réside en l'homme.
P O É T E – ces cinq lettres désignent celui qui y exerce son sacerdoce.
Ivan Frias
(Traduction de Jean-Luc Pouliquen)
Complément :
samedi 6 décembre 2025
Les 50 ans de la mort de Saint-John Perse
Le 20 septembre dernier, dans le cimetière de Giens où il repose, avait lieu une cérémonie pour commémorer les cinquante ans de la mort du poète Saint-John Perse. Pour la circonstance, des gerbes furent déposées sur sa sépulture. rappelant ses origines guadeloupéennes, ses hautes fonctions dans la diplomatie, ainsi que la fidélité de ses nombreux amis à travers le monde. Au même moment, à Pointe-à-Pitre, sa ville natale, un colloque international lui était consacré.


