Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

samedi 27 janvier 2018

Une nouvelle revue pour le nouvel an

Commencé en janvier 2010 L'oiseau de feu du Garlaban entame sa neuvième année. Les statistiques du blog indiquent à ce jour plus de 150 000 pages vues. Voilà un encouragement à continuer à faire vivre cet espace au service de la poésie. "Espace" est un mot repris par Maria do Sameiro Barroso pour le titre de la revue qu'elle a créée en 2017 et qui s'intitule en portugais Espaço do ser. Celle-ci se veut internationale et le n°2 auquel j'ai été associé est largement consacré à la poésie de langue française.


La revue voudrait répondre à "un besoin de croissance et de dialogue". Elle est née "d'une pulsation organique, comme celle de la poésie elle-même, invitant à la réflexion et au partage. C'est un espace ouvert sur le monde, un point de convergence qui ajoute des visages et des silences, décodés dans des voix multiples, registres et tendances poétiques". Elle se divise en quatre parties, la première consacrée à un poète invité, la deuxième proposant une anthologie des poètes écrivant dans la langue choisie pour le numéro, la troisième dédiée à la traduction et la quatrième rassemblant des essais sur l'art, la poésie et la littérature. Au final c'est un riche numéro de 130 pages dans lequel les habitués de ce blog retrouveront bien des voix qui y ont été accueillies, de langue française mais aussi, avec traduction en français, occitane, turque ou portugaise du Brésil.

Complément :

samedi 23 décembre 2017

Le souvenir de Marie Noël

En 2010, nous avions choisi de terminer l'année avec le poète Charles Thomas. Parmi ses influences comptait Marie Noël. La période est propice pour lui rendre hommage. Ce 23 décembre 2017, il y a exactement cinquante ans  qu'elle est morte. C'est une raison supplémentaire pour suivre l'itinéraire de cette femme dont le témoignage va totalement à contre-courant des pratiques actuelles en matière de poésie. Faut-il voir dans sa discrétion et son humilité le secret de son rayonnement et les raisons pour lesquelles elle nous touche toujours au cœur ? Voici un bel échange autour de sa personne et de ses écrits pour mieux la connaître :


 Complément :






samedi 2 décembre 2017

Le souvenir de Charles Le Quintrec

Jean-Albert Guénégan a déjà été l'hôte de ce blog. Il vient d'écrire un charmant petit livre dédié à la mémoire de Charles Le Quintrec qui lui fut un précieux soutien au moment où il débuta son parcours de poète.


Mais l'ouvrage va bien au-delà d'une simple dette de reconnaissance. Il montre tout d'abord le passage de témoin entre générations. J'ai vécu personnellement une expérience similaire avec Jean Bouhier et comme Jean-Albert j'ai du mal à imaginer une avancée en poésie sans cette nécessaire transmission. Nous assistons aujourd'hui à l'éclosion de poètes auto-proclamés n'ayant aucune curiosité pour ce qui s'est vécu et écrit avant eux, n'ayant d'autres préoccupations que d'étaler leur égo sur la place publique.
Au fil des pages Jean-Albert Guénégan montre en quoi une relation établie avec un aîné peut être nourrissante et dynamiser une écriture qui commence. Elle est commandée par l’exigence, permet d'éviter les impasses de la facilité, oblige à forger l'outil qui va accompagner une vie d'expression poétique. Elle se complète de remarques et de mises en garde sur le milieu dans lequel le jeune poète fait son entrée en l'idéalisant.
Une telle relation n'est possible sans un préalable d'humanité, d'esprit fraternel et de respect de l'écriture. "La poésie, c'est parler au plus haut de soi-même" dit dans le livre Charles Le Quintrec à Jean-Albert qui nous fait partager les riches heures passées dans sa demeure de Kerhuiten. Autour du poète-romancier sont évoqués ses proches comme son épouse Violette ainsi que tous ceux qui ont jalonné son chemin d'écriture, notamment Hervé Bazin et Gérard Le Gouic. C'est par Charles Le Quintrec que Jean-Albert fit la connaissance d'Hélène Cadou.
Le livre nous renseigne par là-même sur la vie poétique qui s'est déroulée en Bretagne ces trente dernières années. Elle est traversée par la passion qui n'exclut ni la colère ni les moments de grande communion. Jean-Albert en a été le témoin et l'acteur. Il relate à la fin de l'ouvrage l'itinéraire poursuivit depuis 2008, l'année de la disparition de Charles. La ferveur est toujours au rendez-vous, elle lui a permis de mener à bien de belles réalisations en particulier autour de Tristan Corbière pour lequel il a réussi à obtenir en 2011 un timbre à son effigie. Pourtant, le constat est là d'un éclatement et d'une atomisation de la communauté poétique où l'individualisme a fini par prendre le dessus.
Son ouvrage nous rappelle que dans sa jeunesse d'autres valeurs étaient à l’œuvre et qu'il suffirait de peu pour qu'elles soient de nouveau opérantes.

Compléments :
- Un entretien de Bernard Pivot avec Charles Le Quintrec.
- Le livre est à commander chez l'auteur au prix de 8€ + 1,5€ de port (Jean-Albert Guénégan, 33 rue des Jardins, 29600 Morlaix).