Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

lundi 16 juillet 2018

Le souvenir de Bernard Mazo

Je suis reconnaissant à Jean Poncet de m'avoir fait parvenir le beau volume des œuvres poétiques complètes de Bernard Mazo (1939-2012). C'est émouvant de recevoir la publication posthume d'un poète que l'on a connu et avec qui on a partagé des moments intenses de vie en poésie. De 1998 à 2009 nous avons fait le voyage ensemble depuis Hyères jusqu'à Lodève où Marc Delouze nous avait tous les deux conviés à participer au festival des Voix de la Méditerranée. Là nous sommes intervenus d'abord comme poètes puis comme animateurs de rendez-vous poétiques. Après huit jours d'activité intense où chacun s'occupait des poètes qu'il était chargé de présenter, nous étions heureux de nous retrouver côte à côte dans le train pour revivre ensemble cette expérience d'exception qu'était ce festival. Le trajet Lodève-Montpellier se faisant en voiture, le café pris au buffet de la gare venait comme un rituel marquer la fin des réjouissances. Arrivés à Hyères nous avions du mal à nous séparer. Mais son épouse Muriel était là pour l'accueillir et l'amener chez le poète Jean-Max Tixier et son épouse Monique.


Je reproduis le texte de quatrième de couverture en ajoutant que le livre présente plusieurs photos retraçant l'itinéraire de Bernard Mazo depuis le lycée Chaptal en 1951 jusqu'à la remise du Prix Max Jacob en 2010. Les encres de Hamid Tibouchi accompagnent son parcours poétique depuis son premier recueil Passage du silence paru en 1964 jusqu'au dernier Dans l'insomnie de la mémoire paru en 2011 :

Bernard Mazo s’en est allé pour des vacances sans retour le 7 juillet 2012, sur une plage de la Méditerranée. Cette mer qu’il avait franchie une première fois, à l’âge de vingt ans, avec tant d’autres de sa génération, pour un séjour forcé dans les Aurès. À cet exil en une contrée qui n’était pas la sienne, il survécut grâce à la poésie et à la lecture des poètes, mais il en revint à jamais marqué par la dimension tragique et absurde de l’existence. Dès lors, il éleva sa désespérance à la hauteur d’une morale. 

La poésie avait sauvé Mazo. Elle ne pouvait donc être que fraternelle. Et il se fit passeur de poètes, collaborant à nombre de revues dans lesquelles il rédigea des centaines de chroniques sur ses grands aînés comme sur ses contemporains. Le tout couronné par une magistrale biographie de Jean Sénac – l’Algérie encore – parue au lendemain de son départ.

Ce qui n’empêcha pas Mazo de construire une œuvre poétique personnelle profonde et d’une grande cohérence dans laquelle, usant d’une langue toujours plus dépouillée, il ne cessa de questionner l’énigme essentielle. S’il n’approcha que tangentiellement – car elle demeure à jamais inatteignable – de l’obscure vérité, du moins fit-il la démonstration que l’homme, par essence foudroyé, par l’écriture se maintient debout.

 Avec l’amicale collaboration des poètes Jean Orizet, Max Alhau, Jean Poncet et Hamid Tibouchi, c’est toute l’œuvre poétique de Mazo, dont la rédaction s’étala sur près d’un demi-siècle, qui est rassemblée et présentée ici. Afin qu’elle poursuive sa vie féconde, comme une promesse d’éternité.

Complément :
- Le livre sur le site de l'éditeur.

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