Après Guy Allix, voici venu le tour de Linda Simone de nous proposer un de ses poèmes. Elle confirme ainsi l'ouverture de ce blog aux écritures contemporaines venues de l'étranger, ici des États-Unis d'Amérique, dont Ann Cefola nous avait déjà donné un aperçu.
| Linda Simone |
En plus de ses poèmes publiés dans des revues et des anthologies, les livres de Linda Simone comprennent The River Will Save Us (Kelsay Books) ainsi que deux chapbooks, Archeology et Cow Tippers. Depuis son installation à San Antonio après avoir quitté New York, son travail a été sélectionné pour le tricentenaire de la ville ainsi que pour le projet emblématique du poète lauréat de San Antonio. En 2026, elle a été sollicitée par le McNay Art Museum pour écrire un poème ekphrastique à l’occasion du Mois national de la poésie.
Ode to a Calligraphy Brush
Long body, round and smooth in my hand,
a passport stamped
with your birthplace:
Yatsutomo.
Graying horsehair bristles
electrify, then tame
to a point when dipped
in pool of starless ink.
With simple motion
you transform: a wand
to cast antique spells, stark
against white cotton rag, hand-pressed.
I, hard-pressed to stop words
fluid as water—
in a tongue not my own.
Ode à un pinceau de calligraphie
Corps oblong, rond et soyeux dans ma main,
un passeport tamponné
avec ton lieu de naissance :
Yatsutomo
Tes crins de cheval grisonnants
s'électrisent, puis s'apprivoisent
jusqu'à former une pointe lorsqu'ils sont trempés
dans la flaque d'une encre sans éclats.
D'un simple mouvement,
tu te transformes en baguette magique
pour jeter des sorts anciens et sombres
sur du papier de coton blanc, pressé à la main.
Et j'ai du mal à retenir des mots
aussi fluides que l'eau,
d'une langue qui n'est pas la mienne.
Linda Simone
(Traduction de Jean-Luc Pouliquen)

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