Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

samedi 8 septembre 2012

Un bout de chemin avec Bernard Perroy - II

Pour cette deuxième étape, nous allons nous attarder sur la rencontre de Bernard Perroy avec Rachid Koraïchi, évoquée précédemment. Ils se sont connus en 1994 à l’Abbaye Blanche en Normandie qui fut durant de nombreuses années un lieu d’art, de prière et d’unité. Rachid Koraïchi a participé activement à la vie de ce lieu tout en y exposant régulièrement. Il est né en 1947 à Aïn Beïda, en Algérie, et vit actuellement à Paris. Il expose depuis 1970 dans différents musées et fondations à travers le monde. Outre son œuvre personnelle, il collabore auprès de nombreux écrivains et poètes (Sylvie Germain, Nancy Huston, Salah Stétié, Michel Butor, Georgia Makhlouf, Anne Rothschild…). Avec Bernard Perroy, il a réalisé deux livres dont voici une brève présentation :


« Cœur à cœur » – Bernard Perroy – avec 49 encres de Rachid Koraïchi, éd. Al Manar (2006)
Sept fois sept, quarante-neuf… C’est le nombre des courts textes de Bernard Perroy et des encres de Chine de Rachid Koraïchi, qui se confondent en un seul chant, en un seul poème de sept parties. Pour les deux hommes, dont les parcours se rejoignent, le chiffre sept est d’importance… Chiffre parfait, chiffre de plénitude. Il est entre autres à rechercher en marchant, en vivant, en dessinant, en écrivant, en aimant… Sept, le chiffre du « mystère rayonnant ». Et s’il y a une perfection à rechercher ici-bas, ce serait bien avant tout, pour les auteurs, celle du cœur…
ISBN 2-913896-44-8


« Une gorgée d’azur » – Bernard Perroy – avec 49 encres de Rachid Koraïchi, éd. Al Manar (2011)
Poème unique en sept parties de sept poèmes (et un interlude), poème d’encre et de mots… Une gorgée d’azur nous invite à nous aventurer dans la « partition indigo de la vie », à céder à la « tentation du bleu » qui se livre continuellement du « dedans » ou du « dehors » de nos cœurs… Cette « part azurée » pourrait signifier cette part de mystère et de joie qui nous habite malgré toutes les difficultés de la vie… Laissons-nous bercer par cette mélodie des mots et des images « pour vivre seulement de cela / qui perle du cœur / comme l’azur / à toute heure, / quel que soit l’écho / des larmes versées / ou des bonheurs. »
ISBN 978-2-913896-89-5

samedi 1 septembre 2012

Un bout de chemin avec Bernard Perroy

Nous allons consacrer ce mois de septembre à Bernard Perroy en faisant un bout de chemin avec lui.

Bernard Perroy est né à Nantes en 1960. Il est allé à Rennes pour étudier la philosophie, mais s'est retourné finalement vers la kinésithérapie qu’il a pratiquée tout en menant une existence de rencontres en poésie et en musique… Après une période de vie « mouvementée », il poursuit depuis 1988 sa double vocation de poète et de frère consacré. Il vit actuellement en Sologne.
En 1994 il rencontre Gilles Baudry qui le mène à Hélène Cadou, Serge Wellens, Jean-Pierre Lemaire, Gérard Psfister, Pierre Dhainaut, Gérard Bocholier, Anne Perrier, Jean-Claude Coiffard et tant d’autres… Présent en revues et en anthologies, il a publié une dizaine de recueils. Ses textes sont à la croisée du visible et de l’invisible, où paysages intérieurs et extérieurs se répondent. Les mots se font également l’écho de ses voyages notamment comme journaliste au mensuel Feu et Lumière (Égypte, Liban, Roumanie, Arménie, Israël…) et témoignent souvent de son amitié avec nombre d’artistes (poètes, peintres, sculpteurs, musiciens, photographes…) d’horizons culturels très divers avec lesquels il aime collaborer (ouvrages, expos…).
Sa rencontre, également en 1994, avec le plasticien algérien Rachid Koraïchi, d’origine soufie, l’amène à une amitié et une collaboration interreligieuse où les encres et les mots se répondent. Un autre exemple de collaboration : Miroir pour l’arbre, où le poète « commente » à sa façon les peintures de Nathalie Billecocq…
Les textes que nous allons présenter tout au long du mois, inédits ou tirés de ses recueils et collaborations, transmettent un peu de cette « traversée » que nous avons tous à vivre, de ce « chemin des surprises » dont les mots sont la trace, « échoués sur l’établi du temps »…
En voici un premier :

 L’armoire s’ouvre,
et la fenêtre à deux battants.

Il entre dans la pièce
un léger coulis d’air
aux notes blanches,

et la lavande dans l’armoire
distribue ses parfums
qui se laissent rejoindre
par le parfum des fleurs
et des plantes sauvages,
dehors,

tandis qu’à l’intérieur,
les yeux de la solitude
se laissent laver
par tant d’accords.


(extrait de La nuit comme le jour,
préface G. Pfister, éd. Le Nouvel Athanor, 2012)

Nous le complétons par quelques commentaires sur la poésie de Bernard Perroy :

« Oui, vous y semez, tous les poètes, à vrai dire quand ils sont justes, disent l’espoir, ce sont bien des racines et des sources, ils nous font entendre cette voix frêle, la seule intense, la seule sûre, la vôtre parce qu’elle est aussi celles de tous. » Pierre Dhainaut

« Je veux vous dire le plaisir que j’ai eu : une joie complice à la lecture de vos poèmes chargés de lumière. » Yves Perrine

« Votre parole poétique a la fraicheur et la tremblante autorité de l’expérience (…) J’y ai retrouvé cette disponibilité au monde offert, cette douce ignorance, cette marche flexible qui va de l’avant. » Jean-Pierre Lemaire

« La sobriété fervente de ses mots touche au cœur (…), dénoue avec bonheur et patience ce quelque chose qui habite et incendie nos cœurs, et l’apaise ensuite d’une douceur obstinée. » Jean-Luc Maxence

« La méditation du poète n’est qu’abandon, désapropriation. (…) Bernard Perroy s’obstine à chanter « la part manquante / qui fait l’essentiel de notre beauté » (…) Alors que tout est fait pour oublier ce manque, les poètes n’ont de cesse de nous le rappeler, de « défaire / en nos cœurs l’idole vivace, / les fausses joies, certains bouquets / trop vite rassemblés. » Gérard Pfister

Complément :
- Bernard Perroy sur Wikipédia

samedi 25 août 2012

Les Cahiers de Garlaban - IX

Le quatrième recueil de cette série occitane publié en décembre 1989 concernait Daniel Biga. A vrai dire, il n'appartenait à aucun des camps précédemment publiés, ni "Mistralien", ni "Occitan" et c'est cela qui nous intéressait. Daniel Biga incarnait pour nous le poète enraciné dans une terre, qui éprouvait le besoin de la célébrer avec les mots de son temps, de sa génération et de la culture dans laquelle il avait baigné depuis son enfance. Cette culture était constituée de nombreux apports venant du monde entier. En fait ce recueil reprenait un texte qui s'intitulait OC et qui était déjà paru dans Esquisse pour un aménagement du rivage de l'amour total. Notre originalité consistait à le présenter par une longue préface de Yves Rouquette et avec un accompagnement graphique de Ben avec qui Daniel Biga avait participé à l'aventure de l’École de Nice.


Voici ce que nous écrivions sur la quatrième de couverture :

Au début des années soixante-dix, à la recherche de ses racines, Daniel Biga revient boire à la source de son enfance. La contre-culture porte alors la contestation tous azimuts, le mouvement occitan est en pleine force. Dans une expression jusque là inédite, Daniel Biga pose en ses propres termes la question de l'identité. "Sa voix multiple alerte et bouleverse de fond en comble nos réserves d'émotion, chante très haut, convoque aux terribles refus de l'ordre devenu planétaire, aux tremblements qui sauvent", nous fait remarquer Yves Rouquette dans sa préface. Parce que notre destin personnel est solidaire des communautés de culture dans lesquelles nous vivons, relisons aujourd'hui OC comme un appel à être à la fois enraciné et cosmique, irréductible et offert.

Compléments :
- Sur Wikipédia, Daniel Biga, Yves Rouquette et Ben.