Cathy Bion est une photographe-plasticienne. Elle a sillonné les ports du monde, du Maroc à la Bretagne, du Portugal jusqu’à l’Australie, en empruntant des chemins de traverse. Dans les docks inondés de lumière, son oeil de peintre a traqué les couleurs et les matières, les traces du travail de l’homme en interférence avec celui des heures. Elle a pris le temps de s'attarder sur une nuance, une éraflure, une écaille de rouille, pour tenter d’en saisir l’essence et accéder à l’alchimie secrète des éléments. En ce sens elle s'est inscrite dans les pas de Gaston Bachelard dont ce blog a déjà célébré le parcours lumineux. Cathy Bion a d'ailleurs illustré il y a trois ans la couverture du livre que j'avais consacré au philosophe poète. Sous son regard prospecteur, les pigments et les textures se sont transformés en peintures abstraites, libres de toute interprétation. C'est ce qui fait toute l'originalité de l'artiste, de savoir peindre avec un appareil photo, de faire d'un cliché sans retouches une oeuvre qui célèbre la matière, réveille l'imaginaire et déclenche l'onirisme. Cathy Bion vient de rassembler dans un très bel ouvrage quelques unes de ses images qui sont pour l'occasion accompagnées de textes de critiques d’art ainsi que d'une préface graphique du dessinateur Loustal.Compléments :


