Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

samedi 8 septembre 2018

Le nouveau roman d'Andrea Genovese

En novembre 2013, nous avions proposé de faire un bout de chemin avec Andrea Genovese. En cinq étapes nous avions présenté le poète, le romancier, l'auteur de théâtre, sans oublier le critique littéraire et l'essayiste que l'on retrouve régulièrement dans la revue électronique Belvedere qu'il rédige de bout en bout. Andrea Genovese est un écrivain exigeant qui ne fait pas de concessions à son époque qu'il ne cesse de soumettre à son regard critique. Nous le retrouvons tel qu'en lui-même dans son nouveau roman Dans l'utérus du volcan qui a trouvé chez Maurice Nadeau un éditeur à même de convenir à la ligne littéraire dont il n'a jamais dévié.


Voici le résumé du livre qui a reçu déjà de belles critiques que nous présentons en complément et qui a fait l'objet de rencontres de l'auteur avec ses lecteurs, en particulier à Paris et à Toulouse :

Vanni, écrivain italien résident en France, revient dans sa Sicile natale avec sa femme lyonnaise pour recevoir un Prix de poésie chrétienne richement doté et décerné par un ponte de la Mafia. Sous l’influence de l’Etna toujours prêt à s’enflammer, l’apparition de la pulpeuse Lilina va provoquer l’éruption des sens du poète et mettre à mal l’équilibre du couple. Dans une ambiance de polar, qui peut faire penser à l’écrivain sicilien Leonardo Sciascia, l’auteur nous entraîne, sous la violence d’un été torride, des Îles Éoliennes à l’Etna, dans l’agonie d’un monde refermé sur lui-même. Nostalgie, sensualité effrénée, mythologie, l’écriture éclate comme une éruption volcanique.

Compléments : 

lundi 16 juillet 2018

Le souvenir de Bernard Mazo

Je suis reconnaissant à Jean Poncet de m'avoir fait parvenir le beau volume des œuvres poétiques complètes de Bernard Mazo (1939-2012). C'est émouvant de recevoir la publication posthume d'un poète que l'on a connu et avec qui on a partagé des moments intenses de vie en poésie. De 1998 à 2009 nous avons fait le voyage ensemble depuis Hyères jusqu'à Lodève où Marc Delouze nous avait tous les deux conviés à participer au festival des Voix de la Méditerranée. Là nous sommes intervenus d'abord comme poètes puis comme animateurs de rendez-vous poétiques. Après huit jours d'activité intense où chacun s'occupait des poètes qu'il était chargé de présenter, nous étions heureux de nous retrouver côte à côte dans le train pour revivre ensemble cette expérience d'exception qu'était ce festival. Le trajet Lodève-Montpellier se faisant en voiture, le café pris au buffet de la gare venait comme un rituel marquer la fin des réjouissances. Arrivés à Hyères nous avions du mal à nous séparer. Mais son épouse Muriel était là pour l'accueillir et l'amener chez le poète Jean-Max Tixier et son épouse Monique.


Je reproduis le texte de quatrième de couverture en ajoutant que le livre présente plusieurs photos retraçant l'itinéraire de Bernard Mazo depuis le lycée Chaptal en 1951 jusqu'à la remise du Prix Max Jacob en 2010. Les encres de Hamid Tibouchi accompagnent son parcours poétique depuis son premier recueil Passage du silence paru en 1964 jusqu'au dernier Dans l'insomnie de la mémoire paru en 2011 :

Bernard Mazo s’en est allé pour des vacances sans retour le 7 juillet 2012, sur une plage de la Méditerranée. Cette mer qu’il avait franchie une première fois, à l’âge de vingt ans, avec tant d’autres de sa génération, pour un séjour forcé dans les Aurès. À cet exil en une contrée qui n’était pas la sienne, il survécut grâce à la poésie et à la lecture des poètes, mais il en revint à jamais marqué par la dimension tragique et absurde de l’existence. Dès lors, il éleva sa désespérance à la hauteur d’une morale. 

La poésie avait sauvé Mazo. Elle ne pouvait donc être que fraternelle. Et il se fit passeur de poètes, collaborant à nombre de revues dans lesquelles il rédigea des centaines de chroniques sur ses grands aînés comme sur ses contemporains. Le tout couronné par une magistrale biographie de Jean Sénac – l’Algérie encore – parue au lendemain de son départ.

Ce qui n’empêcha pas Mazo de construire une œuvre poétique personnelle profonde et d’une grande cohérence dans laquelle, usant d’une langue toujours plus dépouillée, il ne cessa de questionner l’énigme essentielle. S’il n’approcha que tangentiellement – car elle demeure à jamais inatteignable – de l’obscure vérité, du moins fit-il la démonstration que l’homme, par essence foudroyé, par l’écriture se maintient debout.

 Avec l’amicale collaboration des poètes Jean Orizet, Max Alhau, Jean Poncet et Hamid Tibouchi, c’est toute l’œuvre poétique de Mazo, dont la rédaction s’étala sur près d’un demi-siècle, qui est rassemblée et présentée ici. Afin qu’elle poursuive sa vie féconde, comme une promesse d’éternité.

Complément :
- Le livre sur le site de l'éditeur.

mercredi 27 juin 2018

Le n° 28 de la revue "Reflets"

Il est rare qu'une publication généraliste vendue dans les kiosques s'intéresse à la poésie. C'est pourtant ce que vient de faire la revue Reflets en proposant dans son dernier numéro un important dossier consacré à cette forme d'expression si chère à ce blog. Les belles pages que nous allons présenter doivent beaucoup à Brigitte Maillard dont nous avions déjà eu l'occasion de montrer les initiatives originales pour que la poésie continue de vivre dans la Cité.


Ce dossier de plus de trente pages richement illustrées est divisé en quatre parties.
La première s'intitule "S'émerveiller". Christian Bobin y rappelle que "la poésie est contemplation". Suivent des haïkus de Pierre Tanguy, des poèmes de Nathalie Riera, de Marie-Josée Christien et de Didier Du Blé.
La deuxième a pour titre "Renaître à la vie". Brigitte Maillard y raconte sa venue à la poésie après un accident de la vie. Nous avions rendu compte ici de son livre A l'éveil du jour qui en détaillait les circonstances. Après un poème de Jean Lavoué, nous découvrons ensuite l'itinéraire hors du commun de Jacques Lusseyran, aveugle à l'âge de huit ans, Résistant, interné à vingt ans dans un camp de concentration. C'est au cœur de l'horreur qu'il découvrira l'expérience vitale de la poésie. Après un poème d'Apollinaire, Stéphane Hessel nous dira le caractère libérateur de la poésie. Puis ce sera la "Chanson pour oublier Dachau" d'Aragon et pour finir une évocation de Robert Desnos.
La troisième partie intitulée "Les enfants sont des poètes" me permet de présenter ma méthode pour amener les enfants à l'écriture poétique. J'avais eu l'occasion d'en faire part dans ce blog. C'est aux élèves d'une classe de CM1 de Pont-l'Abbé qui ont travaillé à partir du livre Les vents m'ont dit de Xavier Grall que "Reflets" a ensuite donné la parole. Ils nous confirment une fois de plus cette complicité entre l'enfance et la poésie. Pour approfondir encore la question suivent deux pages extraites du livre de Jean-Marie Henry et Alain Serres Pff ! ça sert à quoi la poésie ?!.
La quatrième partie titrée "L'invisible devient visible" vient terminer ce dossier. Un texte de Laurent Terzieff : "La poésie expression de la foi" la commence. C'est au tour du moine-poète Gilles Baudry de la poursuivre par une interview. "C'est dans l'attente pure qu'affleure le royaume et la secrète vibration de l'éternel" nous confie-t-il. De superbes photographies d'Aïcha Dupoy de Guitard accompagnent ses paroles. Nous poursuivons avec des poèmes de François Cheng et des propos du poète américain Joe Zarantello qui conclue ce dossier par ces mots à méditer longuement par les temps que nous traversons : "L'ego veut des mots, mais l'âme a besoin de silence !".

Compléments :
- Le site de la revue "Reflets".
- Christian Roesch, directeur de la publication, présente sur Youtube ce numéro 28.