Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

samedi 5 mars 2011

Jean Bercy, il y a 25 ans déjà

Le 28 février 1986, un accident de voiture coûtait la vie à Jean Bercy et à son épouse Jacqueline. Voilà déjà vingt-cinq ans que notre ami a disparu mais son souvenir demeure toujours aussi vif et des initiatives doivent être prises pour que son parcours et son oeuvre continuent à être connus.

Jean Bercy a déployé sa vie sur les terrains de l'éducation et de l'art, il les a même mêlés pour permettre à tous ceux dont les itinéraires étaient noués de trouver grâce à la création une porte de sortie.
C'est à Marseille qu'il a terminé en 1980 sa carrière professionnelle comme directeur-adjoint d'un Institut de formation d'éducateurs spécialisés. Âgé de seulement soixante ans, il pouvait se consacrer alors entièrement à son art.

C'est à cette période que je l'ai rencontré à Aubagne, avec tous les amis poètes avec qui nous allions créer les Cahiers de Garlaban. Par la suite, par son intermédiaire, le chanteur Jean-Jacques Boitard devait nous rejoindre et travailler avec nous à faire revivre le poète marseillais Victor Gelu. Nous nous rencontrions assez souvent, soit à Marseille chez le poète Charles Thomas, soit à Aubagne dans sa maison entourée de pins, soit encore à Lascours chez Pierre Asca, le berger des arbres, ou à Roquevaire, chez Claude Cauqui. La vie de groupe était intense et l'amitié très forte. Elle se voulait un écho à ce qu'avaient vécu les poètes de l'Ecole de Rochefort.



Si son apport à notre groupe a été si fort, c'est qu'il prenait sa source dans une trajectoire humaine et artistique des plus exigeantes. Jean Bercy avait connu la guerre, la souffrance physique et morale. Il avait passé plusieurs années au Brésil et avait été confronté à la misère d'un pays alors en voie de développement. Fort de toutes ces expériences, il s'était lancé dans une oeuvre à laquelle il avait donné le titre générique Le droit des hommes à vivre.

Celle-ci se divisait en deux versants. Le premier était très sombre et voulait exprimer toutes les tragédies humaines en même temps qu'il témoignait d'une solidarité envers tous ceux qui dans le monde en sont les victimes. C'est par la sculpture que Jean Bercy l'exprimait et celles-ci avaient pour nom Le Supplicié, Le Résistant, Holocauste, Virginie la handicapée, Orphelins guatémaltèques...

Le deuxième versant voulait célébrer les magnificences de la vie afin de ne pas enfermer le message dans la tristesse et le désespoir. Des sculptures comme Femme fleur, Arbre de vie, Jeunes danseurs... sonnaient comme un appel à aller chercher sur cette terre toutes les forces qui peuvent nous tenir debout et nous donner envie d'avancer encore le sourire aux lèvres
L'artiste accompagnait sa recherche existentielle d'une exploration des différentes formes et matières qui pouvaient la porter. Certaines de ses sculptures étaient en plâtre en attendant de pouvoir être coulées dans le bronze, d'autres étaient en terre cuite. Dans sa dernière période Jean Bercy avait réalisé des sculptures-marionnettes en polystyrène et tissus peint pour un spectacle (on parlerait aujourd'hui d'intervention) dont l'objet était de dénoncer toutes les dictatures et tyrannies.
Lors de ses expositions, il était présent parmi les visiteurs pour les accueillir, commenter ses oeuvres et répondre aux questions. Des groupes organisés, particulièrement des enfants des écoles, venaient en nombre partager un rare moment d'art et de pédagogie.


Jean Bercy savait tout le poids de l'éducation dans l'équilibre, l'harmonie et le développement des sociétés. C'était pour lui une priorité. Y porter atteinte, équivalait à préparer le retour de la barbarie !
Jean-Luc Pouliquen

15 commentaires:

  1. Je viens, hélas beaucoup trop tard..., de trouver ce site sur internet en ayant juste taper comme recherche "Jean Bercy"

    En 1978, je terminais mon cursus d'éduc spé à L'IPPMS de Montpellier avec un mémoire (Vivre c'est Aimer) qui s'appuyait quelque peu sur des écrits de Jean Bercy ("L'Expression humaine dans ses divers aspects" en guise d'introduction aux ateliers de stage 1967)que j'ai donc cité en référence à ma façon de voir les choses tant je me suis retrouvée dans ses lignes de force!

    Et ce n'est qu'aujourd'hui, à 57 ans passés, que je le découvre vraiment...quel dommage!

    MF

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    1. Aimerez bien correspondre avec vous au sujet de jean Bercy

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    2. Oui bien sûr. Il me faudrait votre e-mail

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  2. ami de jean je viens de trouver ce blog par hasard , a beaucoup compté pour moi , ami de mes parents au depart puis je l'ai suivi pendant de longues années , surtout quand j'etais aux beaux arts ds les années 80 , j'ai beaucoup de documents le concernant ( photos, dessins, et meme par bonheur une de ses oeuvres qu'il m'avait offerte en 1981 )

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  3. Gautier joelle est la femme de charles BLANC , c'est charles BLANC et non joelle gautier qui a connu Jean Bercy

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  4. ça y est j'ai réussi à me créer mon propre identifiant

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  5. Tendre Pensée en ce jour anniversaire

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  6. BRAVO à Jean Luc POULIQUEN pour son Blog

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  7. Bonjour,
    Jean et Jacqueline étaient des amis de mes parents. Enfant, j'ai eu plusieurs fois l'occasion de voir les oeuvres de Jean. Malheureusement, je n'en ai qu'un souvenir très vague ; les oeuvres en polystyrene sont celles dont j'ai le plus de souvenir. Je serais très intéressé de pouvoir les revoir. Existe-t-il un catalogue, un livre, un musée, une expo.. ?
    Merci d'avance !
    Jean-Christophe Pattyn

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  8. A ma connaissance, rien de cela n'existe. Un travail de recherche, d'inventaire, de conservation, d'exposition et de publication reste à faire. Une association des amis de Jean Bercy a été créée juste après sa disparition, je ne sais ce qu'elle est devenue. Une de ses statues a été coulée dans le bronze, elle a été remisée dans une arrière-salle du théâtre Comedia d'Aubagne.

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  9. J'oubliais, j'ai consacré un chapitre à Jean Bercy dans mon livre "Ce lien secret qui les rassemble" paru aux éditions du Petit Véhicule à Nantes en 2010.

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    1. je voudrais correspondre avec vous ? apparemment vous avez connu mon oncle ! est ce possible?

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  10. Merci pour votre réponse !
    Mes parents ont évoqué la création de cette association, et leur désaccord avec certaines orientations de celle-ci, mais rien de plus pour l'instant.
    J'avais la vague idée qu'une de ses oeuvres avait été installée quelque part sur la route secondaire entre le Charrel et la Penne..
    J'essaierai de voir si je peux consulter votre livre quelque part.
    Bonne journée
    Jean-Christophe

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