Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

samedi 13 février 2021

La poésie comme art de vie

 Michèle Serre et Pierre Sentenac ont déjà été les hôtes de ce blog. Ainsi il y a dix ans avions-nous demandé à Michèle de nous en dire plus sur le beau recueil qu'elle avait consacré au poète Ossip Mandelstam. Et en 2013 nous avions rendu compte du livre d'entretiens qu'elle avait réalisé avec son mari, le peintre Pierre Sentenac.

En plus de leurs créations respectives en écriture et en peinture, tous les deux ont fondé ensemble la maison d'édition Le Bien Vivre qui propose des livres d'artiste à tirage limité d'une grande originalité et réalisé avec le plus grand soin. C'est sur leur dernière parution que je voudrais aujourd'hui m'attarder.

Ce livre constitue le premier tome d'une série, il reprend les vingt premiers articles du blog tenu par Michèle Serre auquel participe également Pierre Sentenac comme illustrateur et critique musical. Il s'agit d'un blog culturel traitant avant tout de poésie, de peinture et de musique, mais aussi parfois de cinéma et de photographie qui s'intitule Poésie art de vie et qui a été ouvert le 24 novembre 2011.

C'est une très bonne idée d'avoir matérialisé ces chroniques, textes inédits, images et photographies dans un ouvrage aux pages couleur ivoire, à la typographie fine qui joue avec les différentes couleurs de l'encre, prolongeant ainsi la lecture sur écran par le plaisir de tenir dans ses mains un bel objet au contenu remarquable.

Car ce livre est plus qu'une collection de textes et d'images, c'est un véritable manuel du bien vivre dès lors que l'on a choisi d'alimenter sa pensée, ses sens et ses émotions à la source de la création la plus authentique.

Michèle Serre et Pierre Sentenac rendent compte, commentent, analysent, citent, proposent une ensemble d’œuvres poétiques, picturales, cinématographiques, photographiques, musicales qui nous nourrissent en profondeur, reconstituent même cette étoffe protectrice indispensable à une vie équilibrée dans un monde si perturbé et menaçant.

Alors citons au hasard parmi les sujets abordés : la présentation du film de Jean Périssé sur le dernier amour de Chateaubriand, le merveilleux en poésie, la lumière, la musique baroque, les photographies de Jacques Faujour, l'enfance, les racines, la présence de la mer, de la pluie, de la forêt...

Par petites touches, à voix basse, presque chuchotée, Michèle Serre et Pierre Sentenac nous entraînent véritablement avec ce premier tome dans le fabuleux voyage de la création. On attend avec impatience les suivants pour le poursuivre.

Complément :

- Le livre est vendu (port compris) à un prix préférentiel de 13€ à commander à pierresentenac@orange.fr

lundi 18 janvier 2021

Itinéraire poétique

 Avec ce mois de janvier, s'ouvre la douzième année de ce blog. C'est l'occasion pour moi de présenter mon dernier livre. La couverture a été conçue par François Alfroy, elle est suivie de l'introduction qui détaille le contenu de l'ouvrage.

 Itinéraire poétique en étoile

Voici un ensemble de huit textes qui s'inscrivent dans mon itinéraire poétique. Chacun d'entre eux creuse dans une direction différente, mais tous ont été inspirés par la même source. Au fil des mots il sera possible d'en retrouver le chemin.

Le premier texte s'interroge sur la ligne à suivre pour un poète, celle qui lui permettra de donner le meilleur de lui-même. La question n'est pas nouvelle, mais elle est ici posée dans une société qui se propose au travers de nombreuses institutions de lui venir en aide. Il s'agira de savoir jusqu'où ce compagnonnage peut aller.

Le deuxième texte va chercher chez deux philosophes, Gaston Bachelard et Nicolas Berdiaeff, un éclairage sur l'imagination qui est le moteur même de la création poétique.

Le troisième reste avec Gaston Bachelard et met en évidence ses échanges avec les poètes de L'École de Rochefort. Ils sont peu connus et ont pourtant nourri la dernière séquence de ses méditations sur la poésie.

Gaston Bachelard encore traverse le quatrième texte animé par un souci d'éveil. Il présente en effet une méthode pédagogique pour amener les enfants à écrire des poèmes. Celle-ci s'est construite à partir des livres de poétique du philosophe champenois.

Le cinquième texte traite de la critique littéraire pour un poète, de ce moment où il va être amené à écrire sur les œuvres de ses pairs et de la manière dont il va s'y prendre pour le faire. En quoi celle-ci va-t-elle différer des autres critiques ?

Le sixième texte est en quelque sorte une illustration de la question posée précédemment. Il montre de quelle façon le poète Bertrand d'Astorg a investi l'imaginaire littéraire et comment celui-ci a pu le conduire aux origines mêmes de notre culture,

Les deux derniers textes sont des témoignages qui évoquent Serge Bec et André Salmon. C'est l'amitié avec le poète provençal Serge Bec qui sera rappelée en même temps que son combat pour faire entendre dans sa langue d'oc natale un chant des plus original.

C'est le voisinage poétique et géographique avec celui qui fut l'ami de Guillaume Apollinaire et de Max Jacob ainsi qu'un des premiers soutiens aux poètes de L'École de Rochefort qui sera mis en lumière pour conclure.
                                                                       Jean-Luc Pouliquen
 
Compléments :


mercredi 16 décembre 2020

En souvenir de Magali Fillol

 Alors que Noël approche, une fête qu'elle célébrait chaque année dans la tradition provençale, je voudrais rendre hommage à Magali Fillol qui nous a quittés l'été dernier dans sa quatre-vingt-quatorzième année. Comme Casimir Mouttet, elle était une figure authentique de la Provence qu'elle avait à cœur de défendre en sa qualité de conteuse.

Aux Cahiers de Garlaban, j'ai été heureux d'éditer cinq de ses recueils qui ont à la fois permis de fixer ce qu'elle transmettait avec talent dans l'oralité et de servir de support pour intervenir dans de nouveaux lieux où la culture provençale pouvait trouver sa place, comme une école, un collège ou une médiathèque par exemple.

Ainsi, j'ai publié d'elle, en 1988, A l'ombre du micocoulier avec des illustrations du graveur-poète Gérard Pons, en 1991, Un banc sous la treille avec une préface de Marcel Scipion, le berger des abeilles, et des illustrations de Henri Capra, en 1992, Le murmure du temps avec des illustrations de Henri Capra, en 1993, Calades au soleil avec des illustrations également de Henri Capra et enfin en 1995, Un sentier couleur de miel avec des illustrations de Jean-Michel Raffalli.

Pour beaucoup, Magali Fillol, c'était avant tout "Tante Magali". C'est comme telle qu'elle fut présentée dans A l'ombre du micocoulier : "Il suffit d'imaginer la placette d'un village comme il en existe encore quelques-unes sous les ombrages apaisants des vieux micocouliers, de penser à un banc de pierre près d'une fontaine et d'y faire halte, pour entrer dans le petit monde de Tante Magali.

Alors dans ce cadre radieux, toute une galerie de personnages, tous aussi pittoresques, tous aussi attachants, va revivre par la magie du verbe.

Car Tante Magali est conteuse. Elle sait en quelques mots brosser le portrait d'un homme ou d'une femme de ce pays et lui rendre toute son épaisseur. Elle sait nous restituer tous les parfums, toutes les saveurs d'une terre et d'une nature que le soleil a rendues généreuses.

Chaque parole trouve par sa bouche ce reflet que seul la Provence pouvait offrir. Ce n'est pas étonnant chez cette "Prouvençau de longo" native du pays des Îles d'Or que Marie Mauron encouragea à nous communiquer son amour de la vie provençale."

De gauche à droite, rangée du haut, André Resplandin, Jean-Luc Pouliquen, Jean-Jacques Boitard, rangée du bas, Armand Olivennes, Marie-Christiane Raygot, Magali Fillol, Gérard Pons, Jacques Lucchesi.
Café-théâtre de la Porte d'Italie, Toulon, 15 février 1994



 La collaboration avec Magali Fillol ne se limita pas à la simple parution de livres. Elle apporta son enthousiasme, son énergie, son appétit du monde et son talent à la vie des Cahiers de Garlaban. Elle m'accompagna ainsi dans de nombreux salons du livre dans le Var, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence. Chaque déplacement était l'occasion de nouveaux contacts et de nouvelles amitiés. Elle participa de même aux soirées que nous organisions pour aller à la rencontre du public. De sa voix chaleureuse et chantante, elle mêlait à nos poèmes, à nos chansons, les histoires d'un terroir que l'on avait bonheur à habiter.

Complément :