Des hauteurs de la Provence s'envolent pensées et créations d'aujourd'hui

samedi 23 octobre 2021

De la critique littéraire au roman policier

 Au mois de mai dernier nous avions rendu compte du roman Le lavoir au lézard bleu de Javier del Prado Biezma, universitaire et grand spécialiste de la poésie française. Celui qui signe Carton jaune à Roscoff sous le pseudonyme de Christian-François de Kervran est également un spécialiste des poètes et écrivains français, en particulier de Tristan Corbière, Max Jacob et Henri Queffélec. Comme Javier del Prado Biezma, il a franchi le pas, s'est éloigné un temps de la critique pour aborder la création littéraire, dans le cas présent en choisissant le roman policier. 

La critique littéraire ne sera pourtant pas absente du livre qui fourmille de références mais servira de toile de fond à une intrigue construite avec maîtrise et humour. Il sera bien sûr question de Tristan Corbière en sa patrie de Roscoff, mais aussi de Max Jacob ou encore de Louis Guillaume, poète ayant appartenu à L’École de Rochefort. On l'aura compris le cadre géographique du roman est la Bretagne où vit l'auteur la majeure partie de l'année et qu'il décrit avec finesse.

La critique littéraire sera aussi envisagée comme un milieu, principalement universitaire, qui sera dépeint sans concessions. Il ne sera pas le seul à être abordé. Le roman nous conduira également parmi les bikers et leurs grosses cylindrées, les adeptes de matches de motoball et les combats de MMA, ces pugilats violents mêlant boxe et lutte corps à corps.

Il nous l'apprend à la fin de l'ouvrage, c'est à Cerisy-la-Salle, au "château des colloques", qui a pris le relais après la Deuxième Guerre mondiale de l'abbaye de Pontigny et de ses fameuses Décades dont nous avons déjà eu l'occasion de parler dans ce blog, que l'auteur a eu la révélation du nœud de son intrigue.

Au lecteur maintenant de suivre le commissaire P.-S. G. et son second Filibuth pour savoir qui a tué un soir d'hiver la brillante universitaire canadienne Catarina Wright dont le corps dissimulant un carton jaune a été retrouvé près de la chapelle Notre-Dame de Croaz-Batz à Roscoff.

Complément :

- Le livre de 146 pages est publié par les Éditions du Cornet à dés et vendu 8 € l'exemplaire. Pour le commander, contacter par courriel : christianpelletier1@hotmail.fr


samedi 25 septembre 2021

Le journal d'André Lombard

 Nous avons déjà parlé d'André Lombard dans ce blog à propos de son livre Habemus Fiorio ! consacré à son ami le peintre Serge Fiorio disparu il y a dix ans. Depuis sa mort, André Lombard n'a cessé de multiplier les initiatives pour honorer la mémoire de ce grand artiste et a ouvert pour ce faire un blog qui lui est consacré. Parler de Serge Fiorio, c'était aussi évoquer ses amis et faire vivre une manière d'être au monde défendue par le peintre. Ainsi, peu à peu, les thèmes abordés par André Lombard se sont étendus, le passé est venu dialoguer avec le présent, un réseau de connivences et d'amitiés s'est tissé. C'est de celui-ci dont l'auteur rend compte au jour le jour dans son dernier livre.

C'est une grâce de pouvoir être ancré dans un territoire géographique et culturel qui vous apporte en continue les stimulations nécessaires pour poursuivre le chemin et tenir le cap. Celui d'André Lombard se situe entre Luberon et Alpes de Haute Provence et son centre de gravité est Montjustin. Montjustin, c'est ce village devenu un haut lieu de culture et de création grâce à Lucien Jacques. C'est là que vivra de 1947 jusqu'à sa mort en 2011 Serge Fiorio, c'est là que séjourneront régulièrement Lucienne Desnoues et son mari Jean Mogin, le photographe Henri Cartier-Bresson. Et tout autour de Montjustin, dans une proximité géographique ou spirituelle, continuent de briller dans le cœur d'André Lombard, ces grands astres de la littérature, de la poésie et de l'art que furent Jean Giono, Serge Bec, Eugène Martel ou encore Maximilien Vox. Dans leur sillage bien d'autres noms font leur entrée dans son journal dont il nous livre en quatrième de couverture le secret de fabrication : "Mais à vrai dire, n'est-ce pas Hermès, dieu des chemins, des rencontres et de l'écriture, qui se charge de tout, en décide, et pour nous compose le livre ? L'auteur n'en étant peut-être bien finalement que le scribe ?".

Complément :

- Le livre de 210 pages est vendu 20€ + 5€ de port à commander à André Lombard, St-Laurent, 84750 Viens. 

Pour joindre l'auteur par courriel :  nolombard@gmail.com



 

samedi 21 août 2021

Le nouveau recueil de Joan-Pèire Tardiu

Joan-Pèire Tardiu est un ami de ce blog. Nous lui devons dernièrement une belle présentation des deux volumes de l’œuvre poétique complète d'Henri Espieux. Il y a plus longtemps il nous avait magistralement raconté l'histoire de la revue Oc dont il fut de nombreuses années le rédacteur en chef. En 2010, nous avions présenté son recueil de poèmes Les quatre routes / Las quatre rotas, nous sommes heureux d'en faire de même pour sa dernière parution.

Le livre est publié dans la collection "Le Tire-langue" de la revue À L'INDEX dirigée par Jean-Claude Tardif. Les poèmes sont en occitan avec une version française. Comme pour Las quatre rotas, c'est Denis Montebello qui s'est chargé de la traduction. On retrouve également dans le recueil un frontispice encre de chine de Krimo.

La disposition des mots sur la page, si caractéristique du style de l'auteur, "comme des constellations d'étoiles dans le ciel" disions-nous en 2010, est inchangée. Elle transcrit sa relation avec le monde qui l'entoure, intense et attentive à chaque élément qui le compose.

Le titre du recueil A LA PEIRALHA / Parmi les pierres nous met tout de suite dans le propos. L'auteur avance en pleine nature, près de la rivière toute proche, ses pas crissent sur ses graviers. Pour lui tout est présence : ajoncs, chardons, lierre, herbe, branches. S'y ajoutent le mouvement de l'eau et des nuages, le vent, la pluie, parfois l'éclair dans le ciel, le scintillement des étoiles. Les différentes heures de la journée, le passage des saisons viennent renouveler les perceptions.

Elles accompagnent la vie du poète, ses interrogations, ses espoirs et ses blessures. Mais la nature n'est pas seulement décor, elle peut, l'espace d'un instant, abolir le temps et délier le cœur :

lo cèl blanqueja e liura lo còr

Complément :

- Le livre est vendu au prix de 17 € à commander à l'Association "Le Livre à Dire", 11 rue du stade, 76133 Épouville.